Pont du 14 juillet 2026 : comment l'accorder à vos salariés sans perdre d'heures de travail
Le 14 juillet 2026 tombe un mardi. Pour beaucoup de dirigeants, l'équation se pose tout de suite : faut-il faire travailler les équipes le lundi 13, coincé entre le week-end et le jour férié, ou fermer l'entreprise et offrir un vrai week-end de quatre jours ?
Accorder ce pont est une belle attention pour vos salariés. Mais c'est aussi une décision de gestion qui ne s'improvise pas. Car contrairement à une idée reçue, fermer un jour de pont ne signifie pas forcément renoncer aux heures de travail correspondantes : la loi vous autorise, sous conditions, à les faire récupérer plus tard.
Voici le mode d'emploi complet pour organiser le pont du 14 juillet 2026, choisir la bonne formule et récupérer les heures chômées dans les règles, sans mauvaise surprise au moment de la paie.
Faire le pont : une décision qui vous appartient
Faire le pont, c'est accorder à vos salariés un ou deux jours ouvrables de repos entre un jour férié et un jour de repos hebdomadaire. En 2026, le prochain pont possible est précisément celui du 14 juillet, la journée de pont étant le lundi 13 juillet.
Premier point à connaître : vous n'avez aucune obligation d'accorder un jour de pont. La seule exception concerne les entreprises où un accord collectif ou un usage l'impose déjà. Si rien ne vous y oblige et que vous décidez de garder l'entreprise ouverte, un salarié qui ne souhaite pas travailler ce lundi peut, avec votre accord, poser un jour de congé ou un jour de RTT (Réduction du Temps de Travail, ces jours de repos qui compensent un temps de travail supérieur à 35 heures).
Si en revanche vous choisissez de fermer l'entreprise pour ce pont, trois options s'offrent à vous :
- Offrir une journée de repos payée à vos salariés, en pure générosité, sans contrepartie.
- Imposer une journée de RTT, fixée à votre initiative en tant qu'employeur.
- Accorder la journée de repos et faire récupérer les heures perdues du fait de la fermeture du lundi 13 juillet 2026.
C'est cette troisième voie, souvent la plus intéressante pour préserver votre activité, qui mérite qu'on s'y attarde.
Récupérer les heures chômées : ce que la loi vous autorise
Voici la distinction essentielle à garder en tête, car c'est elle qui ouvre la porte à la récupération.
Les heures de travail perdues à cause d'une fermeture collective de l'entreprise pour un pont peuvent être récupérées par l'employeur. À l'inverse, les heures perdues parce qu'un jour férié est chômé (le 14 juillet lui-même, par exemple) ne sont, elles, jamais récupérables. Autrement dit : le mardi 14 juillet est définitivement offert, mais le lundi 13, journée de pont, peut être rattrapé.
Comment organiser concrètement cette récupération ? Les modalités peuvent d'abord être fixées par un accord d'entreprise ou d'établissement, ou, à défaut, par la convention collective ou un accord de branche applicable à votre entreprise. Pensez donc à vérifier votre convention collective en premier lieu : elle peut prévoir des règles spécifiques.
Si aucune disposition conventionnelle n'encadre le sujet, c'est vous qui fixez les modalités, dans le cadre suivant :
➡️ La récupération doit intervenir dans les 12 mois avant ou après la perte des heures.
➡️ Elle ne peut pas augmenter la durée normale de travail de plus d'une heure par jour, ni de plus de huit heures par semaine.
➡️ Les heures perdues ne peuvent pas être réparties uniformément sur toute l'année : il faut une période de récupération identifiée, pas un saupoudrage permanent.
Un dernier point qui rassure souvent les dirigeants : les heures récupérées sont payées au taux normal, sans majoration de salaire. Même si elles font dépasser les 35 heures sur la semaine ou la durée légale du travail, ce ne sont pas des heures supplémentaires : ce sont des heures de travail ordinaires, simplement décalées dans le temps. Vous ne payez donc pas plus cher des heures que vos salariés auraient de toute façon travaillées (sauf si un accord collectif prévoit des modalités plus favorables).
Tous les salariés concernés, même les absents
C'est sans doute le point le plus contre-intuitif, et celui qui provoque le plus de litiges : la récupération s'applique à tous les salariés, y compris ceux qui étaient absents le jour du pont, par exemple en arrêt maladie ou en congé.
L'alerte Strattt : Beaucoup de dirigeants pensent qu'un salarié absent le jour de la fermeture échappe à la récupération, ou au contraire qu'il peut réclamer une compensation. Les deux intuitions sont fausses, et la jurisprudence est constante sur le sujet.
Concrètement, trois situations reviennent régulièrement :
➡️ Le salarié malade le jour du pont, qui perçoit l'intégralité de son salaire mensuel au titre de sa maladie, ne peut pas réclamer en plus le paiement des heures de récupération qu'il effectue ensuite, ni le paiement d'heures supplémentaires.
➡️ Le salarié malade le jour de la récupération a droit aux indemnités maladie correspondant aux heures qui auraient dû être récupérées. Il n'est donc pas pénalisé par son absence ce jour-là.
➡️ Le salarié en congé pendant le pont ne peut pas récupérer cette journée, ni sous forme d'indemnité compensatrice, ni sous forme de congé supplémentaire. Son congé n'est ni allongé ni transformé.
La logique d'ensemble est simple à retenir : la récupération suit l'organisation collective du travail, pas la situation individuelle de chaque salarié. Personne n'y gagne ni n'y perd un avantage particulier.
Les démarches obligatoires avant de fermer
Faire récupérer des heures revient à modifier l'horaire collectif de travail de votre entreprise. Ce n'est donc pas une simple décision interne que vous prenez seul dans votre coin : trois formalités préalables s'imposent.
- Consulter le comité social et économique (le CSE, l'instance qui représente les salariés dans l'entreprise), s'il existe.
- Informer l'inspecteur du travail de la fermeture de l'entreprise, du nouvel horaire collectif et des modalités de récupération retenues.
- Afficher l'horaire collectif rectifié sur les lieux de travail, pour que chacun connaisse les nouvelles règles.
Ces démarches peuvent sembler formelles, mais elles sont la condition de la validité de votre récupération. Les négliger, c'est s'exposer à voir la procédure contestée, et à transformer une bonne intention managériale en source de conflit. Mieux vaut donc cocher ces trois cases en amont, sereinement, plutôt que de devoir régulariser dans l'urgence.
Un pont bien préparé, c'est un été qui démarre du bon pied
Offrir le pont du 14 juillet à vos équipes est un geste qui compte. Bien organisé, il vous permet de concilier la qualité de vie au travail et la bonne marche de votre activité, sans vous priver des heures de travail correspondantes.
L'essentiel tient en trois réflexes : choisir clairement votre formule (repos offert, RTT imposé ou récupération), vérifier ce que prévoit votre convention collective, et accomplir les démarches préalables avant de baisser le rideau le lundi 13 juillet. Et n'oubliez pas la règle d'or : la récupération s'impose à toute l'équipe, présents comme absents.
Vous avez un doute sur la marche à suivre dans votre cas précis, ou sur ce que dit votre convention collective ? Parlons-en avant la fermeture estivale, c'est le meilleur moment pour sécuriser votre organisation.
Chez Strattt, nous accompagnons les dirigeants de TPE/PME dans la gestion sociale de leurs équipes, de l'organisation des ponts au calcul précis de la paie, pour que vos décisions RH soient toujours justes et sécurisées. Pour préparer sereinement votre été, contactez-nous via notre formulaire de contact.
Pour aller plus loin, retrouvez aussi sur notre blog nos articles sur la gestion de la trésorerie en période creuse et sur l'optimisation de l'organisation du travail dans les TPE.
Sources officielles
➡️ Code du travail, articles L 3121-50 et L 3133-2 (heures récupérables et jours fériés)
➡️ Code du travail, article L 3121-51 (modalités de récupération par accord)
➡️ Code du travail, articles R 3121-34 et R 3121-35 (conditions de récupération à défaut d'accord)
➡️ Code du travail, articles R 3121-33 et D 3171-3 (démarches préalables et affichage)
➡️ Circulaire DRT n° 94-4 du 21 avril 1994 (rémunération des heures récupérées)
➡️ Jurisprudence : Cass. soc. 25 mai 1994 n° 91-40927, Cass. soc. 14 mars 1984 n° 82-40124, Cass. soc. 3 décembre 1980 n° 79-41051 (situation des salariés absents)