Ce qui change en août 2026 pour les dirigeants : démarchage, créances, trésorerie et électricité
En résumé : au 1er août 2026, plusieurs mesures touchent directement les entreprises. Le démarchage téléphonique passe en consentement obligatoire, les taux de l'intérêt légal évoluent pour vos retards de paiement, le Livret A remonte à 1,7 % et la facture d'électricité augmente. Voici ce que ces changements impliquent concrètement pour votre activité.
Le mois d'août est souvent synonyme de ralentissement. Pourtant, l'actualité réglementaire ne prend pas de vacances, et plusieurs nouveautés entrent en vigueur au cœur de l'été. Certaines concernent tous les Français, mais d'autres visent précisément votre entreprise.
Nous avons donc trié le récapitulatif officiel de Service Public pour ne garder que ce qui compte vraiment pour un dirigeant. En effet, une règle change même votre façon de prospecter de nouveaux clients.
Voici les quatre changements d'août 2026 à connaître avant votre rentrée.
Démarchage téléphonique : la prospection à froid devient interdite le 11 août
C'est de loin le changement le plus structurant pour les entreprises. À compter du 11 août 2026, le démarchage téléphonique commercial devient interdit par principe, quel que soit votre secteur d'activité.
Jusqu'ici, la logique était inversée. Une entreprise pouvait appeler un prospect, sauf si ce dernier s'était inscrit sur la liste d'opposition Bloctel. Désormais, c'est l'inverse : vous ne pouvez plus appeler un particulier à des fins commerciales, sauf dans deux cas précis.
D'abord, l'appel peut porter sur un contrat déjà conclu avec le client. Vous pouvez par exemple lui proposer un service complémentaire ou une amélioration de sa prestation. Ensuite, vous pouvez l'appeler si vous avez recueilli son consentement au préalable. Ce consentement doit être « libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable », c'est-à-dire donné par un acte positif clair et retirable à tout moment.
Attention également aux horaires. Le démarchage reste autorisé uniquement du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h. Il est en revanche interdit les samedis, dimanches et jours fériés.
L'alerte Strattt : la charge de la preuve pèse désormais sur vous. En cas de contrôle ou de litige, c'est à l'entreprise de démontrer qu'elle a bien recueilli le consentement du prospect dans les règles. De plus, tout contrat signé à la suite d'un appel non conforme sera tout simplement considéré comme nul. Autrement dit, une prospection mal encadrée peut faire perdre la vente elle-même.
Deux précisions utiles pour finir. Le service Bloctel disparaît le 11 août, puisqu'il n'a plus de raison d'être. Par ailleurs, la vente d'abonnements à des journaux, périodiques ou magazines échappe à cette interdiction. Si un client subit un démarchage abusif, il peut le signaler sur la plateforme Signal Conso de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
Concrètement, si votre développement commercial repose encore sur des appels non sollicités, il faut revoir votre méthode dès maintenant. La collecte du consentement, via vos formulaires web ou vos contrats, devient le nerf de la guerre.
Vos créances clients : les nouveaux taux de l'intérêt légal
Un client qui règle sa facture en retard, cela arrive à toutes les entreprises. Or, en cas de retard de paiement, vous pouvez réclamer des intérêts calculés à partir du taux de l'intérêt légal. Ce taux est révisé tous les six mois, et de nouvelles valeurs s'appliquent depuis le 1er juillet 2026.
Le taux dépend de la nature du créancier, c'est-à-dire de celui à qui l'argent est dû. Voici les taux applicables au second semestre 2026.
| Le créancier (à qui l'argent est dû) | Taux 2nd semestre 2026 | Taux 1er semestre 2026 |
|---|---|---|
| Un professionnel | 2,75 % | 2,62 % |
| Un particulier | 6,84 % | 6,67 % |
Le calcul est simple : il suffit de multiplier la somme due par le nombre de jours de retard et par le taux applicable, puis de diviser le résultat par 365. Enfin, un point important : si le débiteur ne règle pas dans un délai de deux mois, un taux majoré s'applique. Ce dernier correspond au taux simple augmenté de 5 points, soit 7,75 % lorsque le créancier est un professionnel.
La nuance experte : l'intérêt légal n'est pas votre seul levier entre professionnels. Pour vos factures B2B, le Code de commerce prévoit en plus des pénalités de retard fixées dans vos conditions générales de vente (CGV), ainsi qu'une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € par facture impayée. Le taux de l'intérêt légal reste donc un plancher utile, mais des CGV bien rédigées protègent souvent bien mieux votre trésorerie.
Trésorerie : le Livret A remonte, le LEP se maintient
Bonne nouvelle pour votre épargne de précaution. Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A passe de 1,5 % à 1,7 %. Le taux du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), aligné sur le Livret A, grimpe lui aussi à 1,7 %.
De son côté, le Livret d'épargne populaire (LEP) reste fixé à 2,5 %. Selon la formule de calcul réglementaire, il aurait pourtant dû baisser à 2,2 %. Il a donc bénéficié d'un « coup de pouce » sur recommandation du gouverneur de la Banque de France.
Cela dit, gardons la tête froide. Ces livrets restent des placements de précaution, plafonnés et peu rémunérateurs face à l'inflation. Ils conviennent pour une réserve de sécurité disponible à tout moment, mais pas pour faire fructifier une trésorerie durablement excédentaire. Pour ce dernier cas, d'autres solutions existent, comme le contrat de capitalisation, que nos partenaires courtiers de Trusttt peuvent étudier avec vous.
Facture d'électricité : une hausse de 2,5 % au 1er août
Dernier changement à surveiller, du côté de vos charges cette fois. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a proposé le 16 juillet 2026 une hausse moyenne de 2,5 % des tarifs réglementés de vente de l'électricité au 1er août, sous réserve de validation par le gouvernement.
Attention à ne pas mal interpréter cette hausse. Elle ne provient pas du prix de l'énergie elle-même, qui reste orienté à la baisse. Elle s'explique par la progression du TURPE (Tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité), c'est-à-dire le coût d'acheminement de l'électricité sur le réseau, en hausse d'environ 3 %.
Or, ce point mérite votre attention : le TURPE s'applique à tous les contrats, qu'ils soient au tarif réglementé ou en offre de marché. Un dirigeant qui pensait être à l'abri parce qu'il a négocié une offre de marché reste donc concerné par cette composante. Si vos locaux professionnels dépendent d'un tarif réglementé (généralement pour une puissance inférieure à 36 kVA), la hausse s'applique directement à votre facture.
Une rentrée sous le signe de l'anticipation
Ces quatre changements ont un point commun : ils demandent une décision, pas seulement une lecture. La nouvelle règle sur le démarchage vous oblige à repenser votre prospection. Les taux d'intérêt et vos CGV conditionnent votre trésorerie. Enfin, la hausse de l'électricité pèse sur vos charges.
Bonne nouvelle : anticiper ces sujets pendant l'été, c'est aborder la rentrée l'esprit tranquille. Et sur chacun de ces points, vous n'êtes pas seul pour trancher.
Chez Strattt, nous aidons les dirigeants de TPE et PME à transformer ces obligations en décisions de pilotage : sécuriser vos CGV, optimiser vos charges et placer votre trésorerie au bon endroit. Pour faire le point sur votre situation, contactez-nous via notre formulaire de contact.
Sources officielles
- Service Public, Ce qui change en août 2026
- Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques, article 13 (interdiction du démarchage téléphonique sans consentement)
- Service Public, Démarchage téléphonique interdit : les nouvelles règles
- Ministère de l'Économie, arrêté du 26 juin 2026 (taux de l'intérêt légal du second semestre 2026)
- Ministère de l'Économie, communiqué du 15 juillet 2026 (Livret A à 1,7 % et LEP à 2,5 %)
- Commission de régulation de l'énergie, délibération du 16 juillet 2026 (tarifs réglementés de vente de l'électricité au 1er août 2026)